I WANT TO BE A PART OF IT

Bonjour à toutes et tous, curieux de passage ou fidèles de la première heure.

Sentez vous libres de poster des commentaires en bas de chaque article, simple témoignage, critique, conseil.

En prime une petite sélection musicale pour accompagner la lecture, à écouter en mode aléatoire c'est plus sympa :


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vendredi 24 janvier 2014

De San Francisco à L.A : Dernière étape

Nous quittons Santa Barbara en milieu de matinée, par la route 1. 
Le temps est couvert aujourd'hui et c'est sous la grisaille que nous nous arrêtons à Malibu. Plages immenses, demeures énormes, qu'elles soient au bord de la mer, où sur les hauteurs des montagnes de Santa Monica. Cela ressemble à un concours. C'est à celui qui aura la maison la plus "les pieds dans l'eau", où bien la plus haute, où encore la plus moche...car tout n'est pas de très bon goût.


En bons touristes nous nous arrêtons pour prendre en photo les postes de garde des sauveteurs en mer, et leur pick-up jaunes. Nous avons beau regarder l'horizon, pas de maillot de bain rouge en vue....Il faut dire qu'il n'y a pas grand monde, sorti de quelques promeneurs. Un quinquagénaire a tout de même le courage de faire quelques longueurs dans l'Océan...


Après avoir cherché en vain la maison de Charlie Sheen dans la série "Mon oncle Charlie", nous quittons Malibu, ses falaises, ses collines et ses plages. Dommage que le soleil n'était pas au rendez-vous !

Notre prochaine étape se situe en banlieue de Los Angeles, dans un quartier de maisons Victoriennes. Parmi celles-ci se trouve la maison ayant servi au décor de la série "Charmed", dont Elodie doit être la plus grande fan de l'hexagone ! Nous nous garons. Tout est calme, nous sommes seuls. La maison est habitée, alors on se contente de quelques photos sur le perron de la demeure. Le soleil est de retour et brille au moins autant que le sourire d'Elodie, ravie.


Il est temps d'aller prendre possession de notre chambre d'hôtel, dans le quartier Marina Del Rey. 
L'établissement est assez luxueux, les chambres sont grandes et la notre offre une vue sur la marina où quelques pélicans gris se reposent. 

Après s'être un peu reposé, nous prenons la direction de Santa Monica et de son Pier. Il y a foule. Thanksgiving oblige, des familles réunies pour l'occasion déambulent gentiment entre les manèges de la fête foraine. Le soleil commence à se coucher, et laisse bientôt sa place aux néons et autres lumières artificielles.


Nous sommes ravis de trouver le panneau marquant symboliquement la fin de la route 66. En même temps, pour le rater, il faut le vouloir !
Non loin de là, nous trouvons un établissement bien sympathique afin de dîner et terminer cette journée sous le signe des anges. 

Le lendemain matin nous décidons d'aller marcher tranquillement sur la plage de Venice Beach. Notre avion ne décolle que dans l'après-midi, nous avons donc du temps devant nous. Hélas, il pleut. Mais ce n'est pas suffisant pour entamer notre bonne humeur.


Un couple de collègues de travail, nous avait mis en garde sur Venice Beach. "On a détesté, c'est rempli de clodos, on est vite repartis". Mais comme nous sommes du genre têtu, nous sommes allés vérifier. 

Et c'est vrai qu'il y a beaucoup de marginaux. Il est 8h00 du matin et ils sont déjà debout, carburant aux gobelets de café fraichement coulé au Starbucks du coin. Ils ont l'air plutôt tranquilles, installés ça et là. Certains finissent leur nuit. D'autres, du haut du ponton où depuis la plage suivent les péripéties des surfeurs locaux venus défier l'Océan. D'autres encore regardent les coureurs et coureuses venus se donner bonne conscience après les excès de nourriture du Thanksgiving. Les boutiques commencent à ouvrir et nous pouvons faire nos achats souvenirs. Hélas, vu le temps qu'il fait, aucun bodybuilder ne pousse de fonte à Muscle Beach.


Alors oui, il y a beaucoup de marginaux à Venice Beach. Mais après y avoir passé une matinée complète, nous avons trouvé qu'il y règne une certaine harmonie dû à la cohabitation entre surfeurs, sportifs, artistes, marginaux, et les personnes aisées aux belles maisons de bord de mer. C'est un endroit atypique, mais qui vaut la peine qu'on s'y attarde. Une fois de plus, cet avis n'est forgé que sur une expérience de quelques heures sur place. 

Il est maintenant temps de rendre la voiture et de rentrer à New York.

dimanche 19 janvier 2014

De San Francisco à LA : Etape 6

C'est envoûtant un port de pêche qui se réveille.

Pas besoin d'une flotte immense. Quelques chalutiers, quelques barques ondulant sur une mer d'huile, quelques pêcheurs matinaux disputant les poissons à la famille de loutres de mer qui a élu domicile dans le port de Morro Bay depuis quelques années.


L'odeur du café et des viennoiseries émanant des quelques troquets qui ouvrent tôt pour que les courageux aux mains caleuses puissent faire le plein d'énergie avant une longue journée en mer.
Les phoques qui se réveillent lentement, les yeux encore embués et les premières mouettes se laissant planer au gré de la brise qui commence à souffler.

Voilà ce que j'ai pu apprécier ce matin en collant mon réveil à 6h00 du matin. Un microcosme qui sort de sa léthargie sous les premiers rayons chauds du soleil.


Ma dulcinée a terminé sa nuit et m'attend de pied ferme dans la chambre d'hôtel. Nous flânons tranquillement dans les quelques boutiques qui ouvrent chacune leur tour, en quête d'un petit souvenir à ramener.


Puis nous prenons la direction du rocher de Morro Bay. Pour le gagner il faut passer devant une usine aux cheminées immenses...Pas super excitant me direz vous. Mais sincèrement on arrive à faire abstraction de cette masse immense. Il suffit de se tourner vers la mer.

Nous sommes en milieu de matinée et déjà bon nombre de surfeurs s'appliquent à jouer les funambules sur leur planches, sous le regard interloqué des mouettes, et de quelques spectateurs plus occupés à donner à bouffer à des écureuils que les flots de touristes a rendu obèses. On est bien loin du svelte de Tic et Tac !

 

Comme notre petit déjeuner a été frugale, nous décidons de manger un morceau avant de partir. Je tente pour la première fois de ma vie une soupe de clams. Expérience à renouveler. Puis on s'offre une salade chacun. 

C'est à contrecœur que nous quittons Morro Bay. On serait bien restés ici quelques jours de plus. 

Nous décidons de quitter le bord de mer pour nous aventurer dans les terres. La route file à flanc de monts, de coteaux, de ranchs. Tout y est sec et rocailleux.
Nous traversons Solvang, un village danois, là en plein milieu des terres californiennes. Après avoir tenté, en vain, de nous garer nous continuons notre route. Nous irons voir les villages danois au Danemark.

Encore quelques kilomètres sur fond du dernier album de White Buffalo, et nous arrivons à Santa Barbara. La chambre de notre hôtel est petite mais charmante. 

Nous prenons la direction de la jetée puis remontons tranquillement State Street pour y dîner. 

Le changement de décors et d'ambiance, par rapport à Morro Bay que nous avons quitté ce matin est perceptible. Santa Barbara est propre, entretenu, les bâtiments sont beaux, la ville fleurie...mais il lui manque tout de même le petit supplément d'âme et d’authenticité propres aux lieux de villégiature...

mardi 14 janvier 2014

De San Francisco à L.A : étape 5

Cap au Sud !
Mais en douceur. Ce matin on traine, on se prélasse au soleil sur des plages désertes et on respire l'iode à poumons déployés. Des souvenirs d'enfance remontent à la surface. On a tendance à sous estimer la puissance de l'odorat dans l'évocation des souvenirs. Et pourtant, cette odeur de mer, de goémons en plein soleil, ça me rappelle le Finistère...


On traine tellement aujourd'hui qu'il est déjà l'heure de manger. Nous prenons nos quartiers au Whale Watch Inn, petit hameau sur la route 1 qui propose de la restauration, de l'hébergement, une boutique souvenirs et une superette. C'est un endroit très agréable, face à la mer. Très reposant.

Un peu plus au Sud, nous voilà arrivés à un endroit très convoité par les touristes, un sanctuaire d'éléphants de mer. Ils sont là en bande, à se prélasser sur le sable. Ils semblent avoir une vie particulièrement difficile ces mammifères marins ! Ça braille, ça se taquine, ça ronfle...et ça fait le bonheur des enfants et des photographes.


Notre point d'étape de ce soir est la ville de Morro Bay, connue pour son rocher granitique en forme de dôme. Nous abordons la ville alors que la nuit s'amorce. Zones commerciales, zones résidentielles sans charme réel...on commence un peu à se demander ce qu'on est venu foutre ici...

Puis soudain, il faut tourner à droite pour arriver sur le front de mer. Et là, soulagement. Bien que légèrement touristique, ce front de mer est charmant, et vit au rythme des pêcheurs et des plaisanciers. Notre hôtel est idéalement situé, et offre une chambre immense avec vue sur la marina et le rocher. Impeccable.


Le soleil est quasiment couché, alors nous descendons prendre quelques photos. Au loin, nous croyons les reconnaître...Mais oui, ce sont bien eux, le couple d'américains que nous avons croisé la veille au MacWay Falls. Des chasseurs de coucher de soleil !!! Nous entamons tranquillement la conversation avec madame pendant que son mari vise, met au point et déclenche. Ils sont retraités et habitent en banlieue de San Diego. Et durant leur temps libres il prennent la route et se déplacent au grès de leur humeur. Il y a pire comme retraite...

La nuit s'est installée. J'ai envie de poisson. Elo a repéré ce qui, selon Tripadvisor, est le restaurant de poisson le plus fameux du front de mer. Allez hop, en avant Guinguamp. Direction le Galley Restaurant

L'endroit est bondé, il y fait une chaleur à mourir. Le chef est tellement sûr de la fraicheur de ses produits qu'il propose les poissons servis "naked", c'est à dire sans sauce ! Bien évidemment on peut en demander si l'on veut, mais de base, le poisson vous arrive frais dans l'assiette avec seulement son accompagnement. Voilà quelqu'un qui a tout compris. Un poisson frais et sauvage se passe de tout assaisonnement, si ce n'est d'un filet de citron. Alors forcément on s'éclate la panse. Et on est content.


Au loin, la corne de brume raisonne, empêchant Elodie de s'endormir rapidement. Au contraire, ce son me berce et je m'endors sur des souvenirs de l'ile de Bréhat.

Demain nous prévoyons de nous lever tôt pour assister à la vie matinale de ce port de pêche, puis ce sera direction le lieu de villégiature des familles Capwell et Lockridge...vous avez trouvé de quelle ville on parle ?

lundi 16 décembre 2013

De San Francisco à L.A : Etape 4

Après une nuit agréable, je décide de me lever tôt pour faire des photos et laisser Elodie finir sa nuit. Quelques clients voisins sont également debout pour admirer le lever de soleil. Il est 6h30. Le calme ambiant n'est troublé que par les cris des phoques en contrebas. Le soleil pointe le bout de son nez et commence à donner des couleurs à l'Océan et aux montagnes. Le jour se lève.

Le jour se lève sur Lucia Lodge
Le temps de faire quelques clichés, de retrouver Elo et de prendre des forces et nous partons en direction du parc d'Etat "Julia Pfeiffer Burns", rien à voir avec Catwoman ou Gangsta's Paradise.
Ce parc est réputé pour la rivière Macway, qui, après avoir serpenté entre le collines, se termine en chute d'eau dans la mer. 

En ce début de matinée nous ne sommes pas nombreux. Alors on prend notre temps, on admire, on flâne, on mitraille, on respire l'air iodé mélangé aux senteurs d'Eucalyptus et d'aneth. Elodie me fait remarquer que cette odeur lui rappelle celle de l'amorce qu'utilisait Alain, son père, quand il partait à la pêche...un peu sa Madeleine de Proust quoi...

La rivière MacWay se jette sur une plage...inaccessible.
Le parc ne permet pas énormément de randonnées. Un petit chemin permet d'aller admirer les chutes, forcément, quant aux deux autres sentiers, ils permettent de s'enfoncer dans la forêt de pins Ponderosas. La rivière serpente entres ces arbres immenses et aux troncs larges. Le sentier prend de l'altitude, tantôt doucement, tantôt de façon plus raide.

Pins Ponderosas
Le petit déjeuner est maintenant bien loin derrière nous, il est donc temps de rebrousser chemin et de reprendre des forces. A quelques kilomètres trône majestueusement le Nepenthe Restaurant, oh combien réputé dans les parages. Les flots de badauds se pressent ici en masse pour admirer le coucher de soleil en sirotant un cocktail. Nous prenons place au comptoir : un sandwich, une bière et hop nous remontons en voiture.

Le soleil décline, la lumière devient moins vive. Nous décidons donc de retourner admirer le coucher de soleil près des chutes Macway. Et nous ne sommes pas les seuls à avoir eut cette idée.
Des dizaines de personnes sont là, attendant tranquillement les couleurs rouges orangées. Parmi ces gens se trouvent quelques photographes, dont un parfaitement équipé et dont la femme lui semble d'une grande aide, lui tendant objectifs, chiffons, portant le sac...
Un autre prend une photo des chutes, plongées dans la pénombre, puis direction l'opposé, photographie le coucher de soleil. Il se retourne vers moi, fier comme un bar tabac et me confesse que cela fera une super photo après un copier/coller sur Photoshop ! Tricheur !


Une fois le soleil couché, l'immense majorité des touristes retourne tranquillement à son véhicule. Il n'y a plus qu'Elodie et moi...et notre sympathique couple de sexagénaire photographe. Nous attendons l'heure bleue, celle qui vient quelques minutes après le coucher de soleil...et le matin, quelques minutes avant le lever de soleil. Le spectacle est magnifique. 

L'heure bleue fait place à la nuit noire, il est temps de retourner à la voiture. Cela s'avère un peu périlleux, heureusement que l'iphone éclaire notre route. 

De retour au Lucia Lodge, nous prenons nos quartiers dans la cabine n°9. Magnifique, bien décorée, cosy, pourvue d'une cheminée d’où se dégage une chaleur réconfortante. La vie quoi !

Il n'y a pas très longtemps que nous avons ingurgité nos petits sandwichs au Nepenthe, mais nous avons tout de même un petit creux, et surtout la bouteille de Pinot Noir "Cuvée Coppola" à terminer !

Demain nous continuons la route de Big Sur, vers le Sud, et le rocher de Morro Bay.

mardi 10 décembre 2013

De San Francisco à L.A : Etape 3

Le petit déjeuner proposé par le restaurant est hors de prix, nous partons donc en quête d'une épicerie vendant café et muffins. Ce que nous finissons pas trouver. Il est à peine 8h00 du matin, le soleil réchauffe déjà bien l'atmosphère. Une fois ravitaillés nous nous installons en bord de falaise pour déguster nos achats : café, chocolat chaud, cookies et jus d'orange. Tout cela face à l'immensité de l'Océan Pacifique...Le pied !

Pas mal comme cadre pour un petit déjeuner...
La logique voudrait que nous poursuivions notre route vers le Sud, mais nous décidons de rebrousser un peu chemin et d'aller admirer les papillons monarques à Pacific Grove, en périphérie de Monterey. 
Chaque année, dans leur longue migration vers les cieux plus cléments du Mexique, des centaines de ces magnifiques créatures font une halte dans ce coin de verdure, au milieu des Eucalyptus. Bon évidemment il est difficile d'en voir une centaine au même endroit, mais une petite dizaine qui virevolte autour de soi, c'est déjà très sympathique.


Flânant un peu dans les rues de Pacific Grove, nous tombons par hasard dans sa Main Street, très jolie, bordée de brocantes, restaurants et de magnifiques maisons. Tout cela à une centaine de mètres de la mer...

A quelques encablures de Pacific Grove se trouve une route panoramique, longue de 17 miles, réputée pour ses vues sur la nature et sur des demeures aussi magnifiques les unes que les autres. Le droit d'accès est payant, 10$...un peu étrange mais bon. Après tout.



Les maisons sont jolies, le golf est immense, entretenu...grâce aux 10$ d'entrée certainement, et les vues sont belles. Il faut signaler tout de même que les côtes finistériennes offrent les mêmes vues...gratuitement. Si vous passez dans les parages, cet endroit n'est pas une étape obligatoire. 

Allez on repart vers le Sud, pour reprendre la route de Big Sur. 
Avant le pont Bixby, l'un des ponts les plus photographié du monde, nous obliquons sur la gauche pour emprunter la West Coast Road, un chemin de terre qui s'enfonce dans la forêt nationale Las Padres.
Il est bien mentionné à l'entrée de la route que celle-ci est impraticable par temps de pluie.
Bon tout a l'air sec, on tente. 
Et nous voilà parti à monter et descendre les collines, sur une route sinueuse et cabossée, alternant sous-bois épais et panoramas magnifiques.


Nous assistons au coucher de soleil d'un endroit surplombant l'Océan. Il n'y a que nous, et la faune nocturne qui se réveille.



Nous regagnons gentiment la route 1 avant d'atteindre notre toit pour la nuit. Nous avons hâte d'y être.
Surfant sur Tripadvisor, nous avons découvert "Lucia Lodge" qui propose des chambres à flanc de colline, face à l'Océan. Forcément ce n'est pas le prix d'un Formule 1, mais il faut savoir se faire plaisir. 

Nous avons réservé pour deux nuits, mais pas dans la même chambre...
Lors de nos réservations, il y a quelques semaines, la chambre la plus excentrée et la plus romantique, était prise, et sa jumelle, la chambre n°9 n'était disponible que le lendemain de notre arrivée. Nous avions donc réservé pour ce soir la chambre n°4, plus moderne, un peu moins face à la mer, mais tout à fait convenable. Demain nous hériterons de la chambre 9.

Le restaurant sert une cuisine tout à fait convenable, et propose une gamme de vins intéressante. Comme il fait déjà nuit, nous n'avons pas l'occasion d'admirer la vue, que ce soit celle du restaurant, ou celle de notre chambre. Vivement demain et le levé de soleil...


samedi 7 décembre 2013

De San Francisco à L.A : Etape 2

Décalage horaire oblige, trois heures en moins entre ici et New York, nous sommes levés tôt. Ce qui nous permet de prendre notre petit déjeuner au calme et d'aller marcher tranquillement sur le Pier, qui se réveille doucement.

Il est temps de mettre le cap sur Salinas, un peu plus au Sud. Pour atteindre cette ville, il faut abandonner la route 1 quelques kilomètres et traverser des exploitations immenses de fruits et légumes, notamment d'artichauts très réputés dans le coin.



A Salinas, le but est de visiter le musée consacré à John Steinbeck, l'enfant du pays, dont je suis fan.
On a beau être samedi, l'endroit et très calme, ce qui est plutôt pas mal quand on découvre un musée. 
Alors bien sûr je vous conseille fortement de le visiter, si vous êtes dans les parages, et si vous aimez la littérature de Steinbeck bien sûr, sinon vous n'y verrez que peu d'intérêt.


Après avoir admiré "Rocinante" qui a accompagné Steinbeck et son chien Charley pour un ultime tour des Etats-Unis (à lire : "Voyage avec Charley")

Truck GMC aménagé et baptisé "Rocinante" par Steinbeck en hommage à Don Quichotte
Vue de l'aménagement intérieur.
et acheté deux DVD de ses œuvres adaptées en film et introuvables en France ("Rue de la Sardine" et "Le Poney rouge"), nous prenons la direction de sa maison d'enfance à quelques encablures du musée. Celle-ci a été transformée en restaurant. Ça tombe bien, on a faim.

De l'extérieur la maison est la même.


A l'intérieur, où seul le rez de chaussée est accessible, hormis quelques meubles qui ont disparus afin de pouvoir y mettre des tables et des chaises, rien n'a changé. C'est émouvant.

Les serveuses sont formidables. Toutes sont septuagénaires, bien habillées et d'une gentillesse incroyable. Après un plat du jour fort appréciable, notre serveuse attitrée, parlant un français tout à fait correct, se propose de nous faire visiter le rez-de-chaussée, en français.
Quelques anecdotes, quelques bibelots racontés et il est temps de partir.
Sans avoir au préalable jeté un coup d’œil au magasin de souvenirs situé dans la cave de la maison. Si cela vous intéresse, il possède une belle collection de vieilles éditions des romans de Steinbeck. Après quelques recherches, je jette mon dévolu sur une vieille édition de "Des souris et des hommes" et "Le poney rouge", à la couverture en cuir, et au papier épais, jauni par le temps et à l'odeur si particulière de poussière mélangée à l'humidité.

Après cette incursion dans les terres, nous retournons sur les bords de l'Océan, direction Monterey. Je comptais pas mal sur les alentours de Salinas pour y découvrir la source d'inspiration des romans de mon auteur préféré : les collines, les vallées verdoyantes ou sèches, les allées bordées d'eucalyptus, de chênes. Hélas, nous n'en trouvons pas vraiment de traces, sans doute faut-il chercher ailleurs...



Monterey est réputée pour son Aquarium, un des plus beaux du monde. 
Ce n'est pas que cela ne nous intéresse pas mais nous n'avons hélas pas beaucoup de temps à lui consacrer, l'après-midi est déjà bien entamée. Nous nous contentons de quelques pas dans Cannery Row, le quartier à l'époque cosmopolite dans lequel des centaines d'employés vivaient de mettre les sardines fraichement pêchées en conserves. Un boulot froid, humide, et à l'odeur forte...qui a inspiré à Steinbeck son roman "Rue de la Sardine". 

Bien sûr il ne subsiste plus grand chose de cette ambiance, les bâtiments ont été réhabilités en hôtels, et boutiques souvenirs. Le quartier est passé de l'odeur de la sardine à celui du fric...

Quelques kilomètres plus au Sud, tout près, nous voici à Carmel, lieu de villégiature atypique, sans trottoirs, sans enseignes lumineuses, et sans boîte aux lettres ! Les habitants doivent aller chercher eux-mêmes leur courrier à la poste centrale. C'est propre, entretenu, beau, calme. C'est hors de prix bien sûr. Pour la petite histoire, Clint Eastwood en a été Maire pendant quelques années, il y possède encore une résidence dont je n'ai pas pu dénicher l'adresse. Dommage j'aurais bien sonné à sa porte pour prendre l'apéro !!!



Un peu plus bas que Carmel commence la route de Big Sur, célèbre et sauvage, évoquant tour à tour Henry Miller, Jack Kerouac et la Beat Generation...
C'est par un soleil couchant que nous l'entamons, nous sommes attendus au Deetjens Inn, en plein milieu des pins Redwood. La route est sinueuse et nous roulons avec prudence. 

Deetjens Inn est censé être un endroit romantique composé de cabines dites rustiques. A plus de 200 euros la nuit de rusticité quand même.

Nous prenons nos quartiers à l'étage d'une cabane en bois. Au rez de chaussée, un couple de lesbienne se met une cuite au vin de Californie. La chambre est petite, ajourée, il y fait froid. Ce n'est pas vraiment au goût d'Elodie, encore moins une fois qu'elle repère les toiles d'araignées au quatre coins de la pièce...Il n'y a ni télé, ni radio, pas de wifi et pas de réseau. Le mot "rustique" prend tout son sens.

Il est 18h00, il fait nuit, et nous n'avons une table au resto qu'à 20h00...Alors on lit, on parle, on écoute nos voisines se marrer puis s'engueuler, puis gémir. Je la sens bien cette nuit, comme une intuition...

20h00 arrive : direction le restaurant, qui, étant le seul à des kilomètres à la ronde en profite pour vous en glisser une au niveau des prix. Le cadre est superbe, et romantique.

Le restaurant, très romantique et cosy.
La nourriture est moins au niveau. Quel besoin d'aller coller une sauce piquante sur du poisson frais ? sans même l'avoir mentionné au préalable sur la carte !!!

De retour en chambre, nos voisines ont quitté la terrasse et sont au chaud. Le rez de chaussé qu'elles occupent est équipé d'une cheminée. Notre chambre à l'étage, de plusieurs couches de couvertures...

Notre chambre "rustique"
Fatigués, nous parvenons à nous endormir, avant d'être réveillés par nos amies du dessous qui ont décidé de pousser le volume de la musique pour ne pas qu'on les entende s'engueuler ! Raté, on entend aussi bien l'un que l'autre. Je me rhabille et descend leur demander gentiment de baisser la musique...exercice périlleux quand je vois les cadavres de bouteilles de pinot noir qui traînent sur la terrasse. Inutile de préciser que je suis bien reçu, en prend pour mon grade. Voyant que je ne réagis pas et que je me contiens, mesdames me promettent de couper la musique (je ne demandais que de la baisser mais bon) et de faire moins de bruit...

Un peu trop facile tout cela, elles ont cédé bien rapidement. Et nous le font payer dans les 5 minutes qui suivent, en gémissant de plaisir, sur base de "Oh God", "Oh Yes", et de cris qui ont du faire pâlir de jalousie les quelques coyotes du voisinage...Après tout, c'est de bonne guerre...

mercredi 4 décembre 2013

De San Francisco à L.A : Etape 1

Les températures commencent à chuter dans la ville de New York et c'est par des températures négatives que nous décollons de JFK. 

Après un peu plus de 6 heures de vol, que je qualifierai de "mouvementé" en raisons de zones de turbulences, nous atterrissons à San Francisco, sous le soleil, et par 20°C. Forcément on passe pour des ahuris avec nos doudounes...

Une fois chez le loueur de voiture Alamo et la paperasse remplie, nous nous dirigeons vers le parking, le sourire aux lèvres car on attend cette petite phrase qu'on aime à entendre "vous avez le choix entre toutes les voitures de cette allée". Sourire de courte durée, car il n'y a plus qu'une seule voiture, le choix est donc vite fait. Notre carrosse pour la semaine sera une Ford Focus rouge. Agréable et pêchue, ça suffit amplement.

Nous quittons l'aéroport afin de gagner la route 1, et la ville de Santa Cruz, en bordure du Pacifique.



Le but de la semaine est d'avaler quelques kilomètres de la route 1, qui longe le Pacifique depuis la frontière canadienne jusqu'à la frontière mexicaine.

Je ne pense pas révéler un secret bien gardé en disant que les américains pensent être les meilleurs en tout, et aiment user et abuser des superlatifs : le plus grand bidule, le plus fabuleux machin, la bière la plus fraîche du monde (si si on l'a vu). En basket professionnel, ils arrivent même à s'introniser champion du monde d'une ligue qui ne comporte que des équipes américaines et canadiennes. Oui oui, les Miami Heat sont champions du monde de basket. 

Bref tout cela pour dire que la Pacific Coastway, la route 1, est réputée ici pour être une des plus belles du monde. Et il faut bien l'admettre, sur ce coup là, ils ont entièrement raison nos amis américains.

Après un arrêt promenade sur la plage de San Gregorio :


puis au phare de Pigeon Point :


et après avoir assisté à notre premier coucher de soleil :


nous voici à Santa Cruz, célèbre pour son Pier, c'est à dire, un long ponton avançant dans la mer, juché sur des rondins de bois et bordée de boutiques, restaurants, mouettes et chalands de touristes. Santa Cruz est également réputée pour sa fête foraine en bord de plage, un peu comme à Coney Island, à New York.

Vue du Pier de Santa Cruz
A l'hôtel, après quelques négociations, nous héritons d'une chambre au dernier étage, au bout du couloir, histoire de minimiser les risques d'être embêtés par des hurluberlus.

Nous rejoignons le Pier, à 5 minutes de marches, flânons dans les quelques boutiques encore ouvertes, priant que les nombreuses mouettes ne nous aient pas pris pour cible...
De part et d'autre du Pier s'élèvent les cris des phoques qui chaque année s'arrêtent ici en masse. Sacrées créatures. Certaines toussent tel un être humain qui aurait bu la tasse...


L'air de la mer, ça creuse. Il est temps de nous avaler un peu de produits de la mer et de goûter les vins de Californie. Autant dire qu'on va se faire une cure de fruits de mer et de Pinot Noir pendant cette semaine ! 

Après un bon repas, malgré une crème brulée complètement ratée qui a mit Élodie dans tous ses états, notre promenade digestive nous mène aux abords de la fête foraine, fermée en cette saison, ce qui lui donne un petit côté lugubre.


S'il fait bon la journée quand le soleil brille, on se rappelle vite que l'on est au mois de novembre et que les nuits sont fraîches. Nous nous sommes fait surprendre, il est temps de regagner l'hôtel pour se mettre au chaud. Nous serons plus prévoyant les jours suivants.

dimanche 30 juin 2013

Samedi 1er juin : De Mariposa à San Francisco

Il fait déjà très chaud ce matin quand nous quittons Mariposa et la Sierra Nevada.
Je réalise soudain que nous sommes en Californie, et ce depuis notre entrée dans Death Valley. Je n'avais pas percuté. Et là c'est automatique, mon cerveau fredonne :


D'abord parsemé de collines, le paysage se métamorphose, passant d'immenses étendues d'herbes rases et sèches dans lesquelles paissent des troupeaux entiers de bovins, à des champs de fruits et légumes à perte de vue, dont certains abondamment arrosés.

Il semble que les agriculteurs environnants ne sont pas des férus d'écologie et qu'ils ne maîtrisent pas vraiment le concept d'irrigation, concept dont d'ailleurs ils se beurrent les noisettes.
On incrimine régulièrement Las Vegas et sa périphérie pour usage abusif de l'eau, ce qui n'est pas faux, mais le principal fautif est bien l'agriculteur américain du coin qui, sous le prétexte de fournir l'Amérique entière en fruits et légumes ne se sent pas du tout concerné par l'abaissement du niveau d'eau du Lac Mead et du Lac Powell.

C'est moi où le niveau d'eau a baissé ?

Les gouvernements successifs semblent se satisfaire d'une telle situation, le fleuve Colorado se meurt, tout le monde s'en branle !

Manifestement, le Dust Bowl de 1930, conséquence d'une surexploitation des terres agricoles par les fermiers n'a pas servi de leçon. Témoignage d'une amnésie collective. Seuls les témoins du drame joué dans les États touchés par les nuages de poussière supplient leurs progénitures de ne pas commettre les erreurs du passé. "Arrête de radoter l'ancien ! Y'a du pognon à faire ! Et après moi : le déluge !" ou la pénurie d'eau dans le cas présent...
Il y a décidément des claques dans l'pif et des coups d'pieds dans les cheveux qui s'perdent !
Fin de la digression écolo.

Le Dust Bowl...
et ses conséquences. Photo de Dorothea Lange

C'est avec une certaine appréhension mêlée de tristesse que nous nous engageons sur l'autoroute, son revêtement pourri, son trafic, ses panneaux publicitaires. On était mieux au beau milieu de Death Valley tout de même, sur des routes désertes et en bon état.

L'agitation est le prix à payer pour rejoindre San Francisco et l'Océan Pacifique. Alors soit. 

Après avoir dépassé un champ d'éoliennes puis quelques vallées rappelant les romans de Steinbeck, et l'adaptation cinématographique de "des souris et des hommes" par Gary Sinise, nous dépassons la tentaculaire San Jose et pénétrons enfin dans San Francisco. Il fait beau, mais la différence de température est remarquable, il est temps de déplier les gilets de la valise.


L'hôtel Grant sera notre ultime demeure dans ce périple d'une semaine, et décidément, la qualité des chambres suit une courbe descendante...mais pas catastrophique tout de même. 

Il est encore tôt en cette belle journée de printemps et nous mettons le cap sur Fisherman's Wharf, profitant de ce déplacement pour emprunter le Cable Car et les vieux tramways qui remontent Embarcadero.


Nous sommes samedi. 
Les visites d'Alcatraz sont complètes jusqu'à mardi. 
Nous repartons lundi. 
Faites le compte ! La visite d'Alcatraz : c'est sous les couilles à Jules ! 
Qu'à cela ne tienne, on sait s'adapter.

Pour l'heure, il est temps de déambuler dans Fisherman's Wharf. Les boutiques sont pleines de monde, les lions de mer se dorent la couenne au soleil sous les objectifs des touristes, le Bubba Gump Shrimp est plein. Bref : un samedi ordinaire à San Francisco.

Les lions de mer du Pier 39

A force de persévérance nous finissons par trouver un resto pas trop mal et pas trop plein, dans lequel nous mangeons convenablement et buvons un coup.
La nuit s'annonce tout doucement à l'horizon, le vent se lève, les températures tombent, c'est donc avec courage que nous patientons au départ du Cable Car Powell-Hyde afin de regagner l'hôtel. Plus de 30 minutes d'attente à se peler les miches...mais la première partie du trajet offre une vue sublime sur la baie et notamment sur Alcatraz, le roc. Il est temps d'aller dormir...


jeudi 27 juin 2013

Vendredi 31 mai : de Bishop à Mariposa

Nuit agréable, déjeuner roboratif, c'est dans la joie et l’allégresse que nous mettons le cap sur Yosemite National Park. 




Ayant pas mal de temps devant nous, nous décidons de faire un crochet par Bodie State Park, l'un des nombreux village fantôme que compte la Californie. Si vous passez dans le coin, ne manquez pas cette étape !
Si par flaire, ou afin de vous la péter, vous avez loué un 4x4, tentez la route qui aborde la ville par son accès Sud. Je dis route, mais en fait ça ne l'est qu'à moitié, car tout à coup, en plein milieu, fini le goudron, place à la piste rocailleuse ! Wahouuuu ! Le simple fait de remonter cette piste sauvage sur plusieurs kilomètres en ne dépassant pas le 20km/h vaut déjà le détour. Si vous avez loué une Mini, privilégiez l'accès Nord, plus court et au revêtement moins chaotique.

Dans quelques mètres la route va se transformer en piste rocailleuse

Quelques mètres avant de pouvoir garer votre voiture, un park ranger vous remettra une carte explicative et vous soulagera de quelques dollars. Ce n'est pas cher, et c'est une somme bien investie.
 
Si vous faites partie des gens ayant du mal à réaliser où vous vous trouvez, à imaginer qu'ici au 19ème siècle, bien avant votre passage, se tenait une ville prospère de 10 000 habitants vivant de l'exploitation de mines d'or et possédant écoles, hôtels, églises, banques, bordels, bureau de poste, station essence, quartier chinois...alors passez votre chemin. Si en revanche, vous êtes capable d'une telle gymnastique des neurones, vous ressentirez cette ambiance surréaliste, sensation de laquelle découlera un certain attachement pour ce lieu unique.

 


Tout est resté en l'état, excepté certaines toitures rénovées pour question de sécurité. Le fait est qu'il ne reste plus que 5% de la totalité de la ville, qui a subit de terribles incendies. La rupture du filon d'or a fait le reste. Bodie a littéralement été déserté, et tout baigne dans son jus. Tout. Les fauteuils, les meubles, les lits, le coffre de la banque, les diligences, le comptoir du saloon, les tables dressées, les vêtements...
A croire que le maire de la ville a un jour décrété : On s'casse ! et que tout le monde s'est exécuté, sans rien emporter, sans se retourner.

Le coffre de la banque, toujours en place...mais vide.

Étape forcément intéressante pour les nostalgiques, adeptes du silence, du vent, de l'authentique. Étape obligatoire pour les amoureux des westerns, du rustique, de l'esprit pionnier, de l'Ouest !

Après ce saut dans le temps, cap Lee Vining pour la pause déjeuner où Alain expérimente les ribs de bœuf. Le verdict est sans appel : les ribs de porcs sont meilleures !

Les ribs de boeuf d'Alain

Il est temps d'attaquer la route 120 qui prend de l'altitude dès les premiers kilomètres, à la sortie de Lee Vining. Cette route, également nommée Tioga Road, est fermée une bonne partie de l'année et rouvre en général fin mai début juin. On a donc un peu joué avec le feu en tablant notre programme sur la traversée du parc par ce chemin, mais notre audace a payé.

Tioga Road

Nous sommes aux antipodes des paysages traversés la veille dans Death Valley. Sapins, rivières, animaux sauvages, chutes d'eau, neiges éternelles, sans oublier la plaine marécageuse de Tuolumne. A Quelques heures seulement du point le plus chaud du continent nord américain. Sacré contraste. 





Il faut plusieurs jours pour arpenter les chemins de randonnées de Yosemite, un des parcs préférés des américains. Hélas, faute de temps, nous ne ferons que le traverser, agrémentant notre route de quelques arrêts, le temps de respirer l'air pur et se faire bouffer par les moustiques. Prévoyez un lance flammes, les produits répulsifs achetés en Europe font autant de mal aux moustiques locaux qu'une Tourtel à un bavarois.

Changement de cap, nous quittons la 120 pour la 140, direction Mariposa, ou nous séjournons au Miner's Inn. La qualité des hôtels que nous avons choisi ne va pas crescendo, même si elle reste tout à fait acceptable. Mariposa jouit d'une rue principale plutôt vivante, parsemée de boutiques et de restaurants. La carte de celui dans lequel nous jetons notre dévolu est alléchante, les idées bonnes, l'exécution moins. Le temps de se siffler une dernière Blue Moon dans un bar local et nous rejoignons l'hôtel. Je me demande bien ce que les rangers qui résident dans le seul bâtiment encore habitable de Bodie font à cette heure ci...mais une chose est sûre, j'aimerais bien être à leur place, ne serait-ce qu'une nuit...


dimanche 16 juin 2013

Jeudi 30 : de Las Vegas à Bishop en passant par Death Valley

Il est l'heure de dire au revoir à Donald et de quitter la ville du pêché pour l'aridité du parc national Death Valley (vallée de la mort). Plutôt évocateur comme nom, et qui rappellera certainement à certains le psaume 23 du roi David, et à d'autres une chanson de Coolio. A chacun sa culture.

Quelques minutes après avoir récupéré notre voiture de location, un 4x4 Jeep Patriot, nous quittons Vegas et sa banlieue, ses zones commerciales immenses, ses quartiers pavillonnaires, et nous retrouvons enfin dans le désert, longeant la bande jaune si distinctive des routes américaines, qui s'étire sur des kilomètres de ligne droite, presque à l'infini...pourfandant des villages d'une centaine d'âmes vivant dans des caravanes délabrées...On se croirait dans le clip "like a hobo" de Charlie Winston.




Nous quittons la route 95 par notre gauche, pour nous engager sur la 373 et la vallée Amargosa. On se demande ce qui a poussé des familles à venir habiter ici, et surtout à y rester. Tout n'est que poussière, rocaille, buisson, occuper les enfants ne doit pas être une mince affaire...et comment font-ils leurs courses, où s'approvisionnent-ils ? Bref un tas de questions nous assaillent, certes très terre-à-terre et matérielles, citadines...

Mini tornade

Le panneau est clair : Death Valley National Park : à droite !
Ok messieurs de la voirie, mais avant de s'engager dans la vallée de la mort, nous décidons d'apaiser notre soif dans le débit de boisson du coin. Et quelle bonne idée ! Le hameau en ruine jouxtant le panneau routier est composé d'un bar, fermé, d'un garage délabré, d'un motel qui semble tenir le coup, et...d'un théâtre. Allons bon...quelle étrangeté !

Le garage abandonné
Témoignage d'une activité lointaine

La curiosité et la soif nous aident à pousser la porte du bureau du motel où nous accueille une femme charmante qui nous remets bien volontiers 2 sprite et 2 cocas en échange de 5$.

Je ne peux m'empêcher de la questionner : on est où là exactement madame ? que fait un théâtre paumé au milieu du désert ? est-il encore utilisé ? Elle aime son coin paumé cette dame, ça se voit, ça s'entend, il faut une bonne dose d'amour pour tenir un motel dans un endroit si improbable où les visites de reptiles, scorpions et autres joyeusetés de ce genre doivent s'avérer bien plus nombreuses que les visites d'homo sapiens...

Le théâtre est en parfait état, et accueille toujours de novembre à mars différentes troupes, chanteurs, chanteuses, orchestres, et même certains acrobates du Cirque du Soleil de Las Vegas.

 

Avant de quitter les lieux, nous jetons un coup d’œil au livre d'or du motel, beaucoup de monde y a laissé un mot, dont pas mal de français, de belges. Franchement, l'endroit mérite un stop, voire une nuit sur place, ne serait-ce que pour le silence, le plaisir de passer une nuit dans un motel au milieu d'un bled déserté, lui-même au milieu du désert, installé dans une chambre au confort spartiate et à la climatisation aussi bruyante qu'un train de marchandise...une ambiance à la U-turn.

Il est temps de pénétrer dans la vallée de la mort, le coin le plus chaud des Etats-Unis dans lequel se trouve notamment le point le plus bas de tout le continent nord américain : Badwater, situé à 85.5 mètres sous le niveau de la mer.

Le parc est vaste, il faut choisir les coins méritant une halte. La route 190 nous permet d'admirer Zabriskie Point, lieu même où Antonioni a tourné en 1970 une scène hallucinante de son film éponyme sur fond de contestation étudiante et de libération des mœurs sexuelles. Film anti consumérisme par excellence, le road movie du réalisateur italien n'est pas à proprement parler un chef d’œuvre, mais quelques idées (le ballet entre l'avion du héros et la voiture de l’héroïne en clin d’œil au film "la mort aux trousses" d'Hitchcock), une scène finale où il s'amuse à faire exploser les objets du quotidien, symboles d'une surconsommation décadente et une bande son signée des Pink Floyd suffisent à en faire un film à voir.


Il fait chaud, très chaud, on étancherait bien notre soif.

Pour notre plus grand plaisir, nous atterrissons à Furnace creek Ranch, un oasis de verdure au milieu du désert qui aurait à n'en pas douter fait enrager Edward Abbey. L'endroit est charmant, calme, propose pas mal d'activités pas super écolo (cette manie qu'ont les américains de foutre des parcours de golf là où il n'y pas d'eau !!!!) et offre la possibilité de bien manger et de boire une bière brassée dans les parages. Un petit tour à la superette/magasin de souvenirs du coin et nous remontons à bord du Patriot que nous avons eu la bonne idée de garer à l'ombre. Il fait 46°C.



La route 190 serpente au milieu des étendues désertiques et des dunes de sable, puis d'une manière assez imperceptible, grimpe, provoquant ainsi l'inquiétude du chauffeur qui sent que le moteur peine et que le radiateur souffre.

Des souvenirs de mon précédent passage ici me reviennent en mémoire : Il y a 5 ans, notre guide avait été clair : on roule à 60km/h, sans la clim. Autant dire qu'on a roulé plus d'une heure dans un sauna ! mais quelle vista avait ce québecois. Tous les 4x4 rutilant qui nous doublaient à toute vitesse, fenêtres entièrement fermées avec la clim certainement à plein régime, finissaient immanquablement sur le bas coté, radiateur pété, laissant leurs passagers blasés et contraints d'attendre la dépanneuse en plein cagnard. C'est con hein ? fallait pas faire le malin et appliquer les consignes répétées sur les panneaux de mise en garde tous les kilomètres : Éteignez la climatisation de votre véhicule. C'est pourtant clair non ?

 

C'est donc à une vitesse de 60km/h que l'on sort du parc national, le moteur est sauf, et nous ne nous sommes pas liquéfiés. Quel endroit incroyable, on comprend mieux en parcourant ces paysages, l'idée mise en avant par les adeptes de la théorie du complot, et tonton Michel à Bréhat, selon laquelle les américains n'ont jamais marché sur la Lune mais ont tout tourné ici à Death Valley.

Nous approchons des contreforts Est de la Sierra Nevada, bordés de quelques cours d'eau qui font pousser l'herbe, les arbres. Ça faisait un petit moment que nous n'avions plus rien vu de vert. Quelle belle couleur.

Notre route nous mène paisiblement à la sympathique Bishop, ville étape sur la route 395 qui relie la banlieue de Los Angeles à Reno. Le Creekside Inn où nous passerons la nuit est impeccable, sentiment partagé par un groupe de harleyiste de Chambéry qui sillonnent la Californie pour quelques jours. Bonne nuit messieurs.




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