I WANT TO BE A PART OF IT

Bonjour à toutes et tous, curieux de passage ou fidèles de la première heure.

Sentez vous libres de poster des commentaires en bas de chaque article, simple témoignage, critique, conseil.

En prime une petite sélection musicale pour accompagner la lecture, à écouter en mode aléatoire c'est plus sympa :


lundi 14 octobre 2013

Road-Trip : 4 août : Bienvenue en Oklahoma

Nous quittons le Kansas sous la pluie, après une nuit orageuse. Les températures dépassent à peine les 20°c.

Le but de la journée est de sillonner les routes de campagnes et d'atteindre dans un premier temps Clinton puis ensuite Oklahoma City où nous avons réservé deux nuits dans le Hampton Inn du quartier Bricktown.



Pourquoi un crochet par la ville de Clinton ? Qu'y a-t-il à voir ? La ville de naissance de Bill ? Une fabrique de cigares ? Non rien de tout cela. Tout simplement, cette ville abrite l'un des plus beaux musée dédié à la route 66, que nous allons emprunter pendant quelques jours sur un axe Ouest-Est.

Afin de ne pas passer trop près de la route que nous allons emprunter dans quelques jours, nous décidons de ne pas prendre l'itinéraire le plus rapide, qui passe par Tulsa. Encore une excuse pour prendre les routes de campagne plutôt que les autoroutes.

Le chemin est parsemé de villes paumées, de raffineries, de champs asséchés. Bref, rien de très glamour...Un petit côté Dust Bowl 70 ans après. 

Nous sommes soudain frappés par la couleur rouge de la terre, un rouge intense, un rouge Roland Garros, qui se démarque superbement sur le ciel bleu, de retour, apportant avec lui le soleil et un sac rempli de degrés, environ 40.

Les terres et les eaux rouges de l'Oklahoma

Comme souvent depuis maintenant deux semaines, nous ne sommes pas gênés par les autres automobilistes, les routes sont rectilignes et calmes. Le bon moment pour écouter l'album "Sevens" de l'enfant du pays, Garth Brooks. Bienvenu chez les cowboys !


Après plus de 5 heures de voiture, nous voilà à Clinton, une heure avant la fermeture du musée. Excellent timing. Si vous empruntez la Mother road, nom qu'a donné Steinbeck à la route 66 dans son roman "Les raisins de la colère", vous passerez immanquablement par Clinton. Pensez à vous arrêter au musée, il en vaut la peine.

Musée de la route 66 - Clinton, Oklahoma

Bon là, normalement, nous sommes censés mettre le cap à l'Est, sur Oklahoma City, à une heure environ...il est 17h00. Mais faisant cela, nous raterions une ville fantôme typique de la 66, située à quelques kilomètres à l'Ouest de Clinton...Quel dilemme ! En fait non, pas du tout un dilemme, le choix est vite fait, direction Foss, le village fantôme et tant pis si on arrive tard à l'hôtel !

Les amateurs, connaisseurs et experts de la route 66 savent qu'il n'est pas toujours évident de rouler sur les premiers tronçons de la route, tant ceux ci sont délabrés, ou même carrément disparus au profit de l'autoroute 44. Quant à trouver les parties toujours existantes et praticables, cela peut relever du vrai jeu de piste.

Heureusement, quelques passionnés ont eut l'idée d'éditer des cartes très détaillées. Mais attention, sans copilote, difficile d'y arriver. Et du coup c'est qui qui s'y colle à la carte ? C'est Élodie, avec une carte en anglais en plus...Ce sera déjà bien qu'on se retrouve pas au Nouveau-Mexique...

Voilà la carte que nous avions avec nous...heureusement.

Entre Clinton et Foss, la route 66 est facilement reconnaissable, faite de plaques de bitume parallèles à l'autoroute 44, comme le montre le plan ci dessous.

Bizarrement, Foss ne nous paraît pas si fantomatique que cela. C'est sûr que ça ne respire pas l'activité culturelle à plein nez, mais il y a des hameaux, occupés pour la majorité d'entre eux. Un coup dans l'eau donc...




L'heure est maintenant à la décision, soit faire tête sur Oklahoma City par l'autoroute, soit par la route 66 et son jeu de piste...Devinez ce que l'on choisit ?

Élodie fait montre d'un grand talent de copilote, j'ai parfois du mal à comprendre sa lecture en anglo-bourguignon du guide acheté au musée, mais on arrive à ne pas se tromper de route, et c'est bien là l'essentiel. Le soleil se couche, dans le rétroviseur une fois de plus...principal désavantage de rouler vers l'Est...


C'est très émouvant de se dire qu'on emprunte la route que les Okies ont sillonnés pour fuir les nuages de poussière afin de gagner l'Eldorado de la Californie. On ne peut que penser à la famille Joad.

Nous passons les villes de Weatherford, Hydro, Bridgeport, Geary, El Reno, Yukon (ville de naissance de Garth Brooks) évitant de justesse le meurtre sans intention de la donner d'une famille de ratons-laveurs suicidaires.

Il est 22 heures, nous arrivons à l'hôtel.
Le quartier Bricktown est un quartier animé d'Oklahoma City, pittoresque, doté d'un canal, de boutiques et restaurants.

Quartier de Bricktow, Oklahoma City, Oklahoma

Vu l'heure, nous galérons un peu pour trouver un établissement acceptant de nous servir...même le Hooters refuse. Tant pis, le concept burger-bière-serveuse en mini short orange et tee shirt blanc moulant, ce sera pour une autre fois.
Finalement, nous trouvons un petit quelque chose à nous mettre sous la dent, avant de rentrer à l’hôtel et nous faxer dans le lit King Size. Judicieusement, Elo sort ses boules Quiés...Je suis exténué.

jeudi 10 octobre 2013

Road-Trip : 3 août : Flint Hills et prairies d'herbes hautes

Pas vraiment pressés ce matin, nous lambinons un peu à l'hôtel et entamons la causette avec une femme de ménage à l'histoire incroyable. 
Hollandaise, la cinquantaine, mariée à un américain, elle n'a jamais demandé sa naturalisation. Au regard des critères américains, elle rentre donc dans la catégorie "Alien". Admirez la subtilité. Du grand art !

Elle tient farouchement à ses racines et à sa culture, "ses moulins" et "ses tulipes" pour la citer. Elle ne comprend d'ailleurs pas pourquoi aux États-Unis, tout est traduit en espagnol et pas en hollandais alors que ce peuple a grandement contribué à la création de ce pays. Je lui rétorque que rien n'est non plus traduit en français, sauf dans les distributeurs automatiques d'argent. Forcément.

Son père, de confession juive a épousé une femme indonésienne de confession musulmane. Afin d'éviter des drames familiaux, ils se sont tous deux convertis au catholicisme. Étonnant, pas à la portée de tout le monde certainement, mais sage. Avant d'être femme de ménage, elle a exercé la profession de convoyeuses de prisonniers, et a sillonné bien des routes. Elle se demande d'ailleurs ce qu'on va foutre dans le sud du Kansas ! Elle aime son pays d'accueil mais en veut aux anglais d'avoir piqué New Amsterdam aux hollandais pour en faire New York. Rancune tenace dis donc.

Nous prenons congés de cette sympathique batave pour trouver le point de départ de la route 177.




Peu fréquentée, cette route coupe en deux les prairies d'herbes hautes des Flint Hills.
Un peu déçu par le paysage sur les premiers kilomètres, il faut en fait attendre l'arrivée à la Tallgrass Prairie National Preserve pour trouver ce que l'on est venu admirer : des collines d'herbes vertes à perte de vue, sur lesquelles danse l'ombre des nuages.

Tallgrass Prairie National Preserve

Afin d'assouvir une envie pressente de nous dégourdir les jambes, nous chaussons nos pompes de randonnées et entamons une petit boucle d'une heure de marche à travers les collines vertes et silencieuses. Une petite brise chante à nos oreilles, accompagnée du chant des oiseaux.

Ça fait du bien d'être loin de tout. On imagine aisément la surprise, l'angoisse et l'émotion des premiers colons arrivant devant un tel spectacle. Difficile de ne pas penser à la famille Ingalls. Pour l'occasion Élodie a revêtu sa robe à fleurs et s'est mise à dévaler la colline en se vautrant lamentablement sur la fin du parcours. Elle n'en rate pas une...

L'après-midi est déjà bien avancée, il va falloir faire le plein d'énergie.
Nous parvenons à trouver un bouiboui ouvert, dans la ville quasi fantôme de Strong City. Une fois n'est pas coutume, nous ne sommes pas déçus. La nourriture est bonne et tient bien au corps.



Encore quelques kilomètres et nous voici à Coffeyville qui a vu tomber en 1892 le fameux gang des frères Dalton. 
Une fois bien installés dans la chambre du Best Western, il est l'heure de faire un tour dans le centre ville, qui s'avère calme, même abandonné. Hormis l'excellent restaurant "Tavern on the Plaza", où nous prenons nos quartiers pour la soirée, et deux salles de musculations, tout est fermé. Et nous sommes samedi soir !

Restaurant "Tavern on the Plaza" dans un bâtiment d'époque.

Intrigués, avant de retourner à l'hôtel, nous effectuons un petit tour en voiture histoire de voir où sont passés les habitants de la ville. Après quelques virages, on comprends mieux. Une grande zone commerciale s'est construite en périphérie de la ville offrant de quoi se divertir et se restaurer. Tout le monde semble y être, laissant le centre-ville, pourtant assez mignon avec ses maisons des années 1800, à son triste sort. Un beau gâchis.

Demain, nous quittons le Kansas pour l'Oklahoma.


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